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par Charles Mougel
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le 29 avril 2006

Wisibilité planétaire pour la nouvelle école des fans

Hier encore, les petits z’enfants s’entrainaient pour passer à l’école des fans,
ils passaient à la TV nationale, et étaient filmés par leur papa,
qui n’avait qu’un oeuil.

Aujourd’hui, les z’enfants se filment eux même, et sont diffusé à l’international.
Les délires de chambres et de salon deviennent wisibles !

Un petit tour par ici, et l’on découvre un échantillon de cette évolution :
http://www.googleidol.com/kids/index.htm
Ces enfants passent le concours du meilleur clip en playback.
Et… deviennent vendeurs de cd incluant les chansons concernées.

Les temps changent.

La télévision se charge de transmettre les modèles.
Les enfants copient, et se diffusent.
Les enfants voient les autres enfants.
Et ils font de même.

Evidement, les adultes font de même.

Curieusement, ici la copie n’est pas taxée de piratage ;-)

Quant à la question du pourquoi ça plutôt qu’autre chose ?
Filmer un délire et le diffuser, devient habituel sur le net.
Car ce qui est délirant se propage beaucoup plus facilement,
on l’observe plus, et on peut être tenté de reproduire.

Mais il y a délire et délire…

Si l’on regarde cette vidéo on peut croire à une ambiance chamailleuse entre enfants qui se connaissent bien, et qui aiment délirer. Avec une caméra, c’est plus drôle. Ok.

Mais que penser de celle-ci ?
Le « délire» , correspond à un comportement viral observé tout d’abord dans le monde anglo-saxon : happy slapping (joyeuses baffes).
Ici, la wisibilité de ces vidéos entraine une propagation virale hors du commun, qui s’auto-alimente d’elle même.
Plus les gamins voient ce type de vidéo, et plus ils ont envie de faire de même.
Plus le phénomène s’amplifie, et plus on en parle… ce qui alimente encore la diffusion.
On peut nettement observer ces pics de bruits autour de l’happy slapping avec le chronologue.

Je me suis fait une réflexion aujourd’hui :
« en tant qu’humain, on peut transmettre du son, mais pas des images» 
En effet, notre corps nous permet de reproduire des sons avec notre bouche, pour les transmettre à d’autres humains. Cela peut être des récits, et dans une certaine mesure, des bruits.
Par contre, coté image, mis à part du mime, on n’est pas très doués.
Dans le monde du web, il devient possible, de pouvoir transmettre facilement et à moindre coût, des comptes-rendus de délires, d’exploits.
Habituellement, ils restaient dans le domaine du caché, ou de la sphère très privée, et n’étaient visibles qu’en « live» . Aujourd’hui, ces délires et exploits, ont une autre saveur, s’ils sont filmés et diffusables à grande échelle. Ils se libèrent des contraintes du temps et de l’espace, pour bénéficier d’une wisibilité qui pourra éventuellement les faire faire le tour de la planète, parfois sans que les auteurs en aient même conscience.

Le fait de voir ces comptes-rendu de plus en plus nombreux, fait qu’ils deviennent banaux.
Se promener nu en pleine rue, donner des giffles à des inconnus, délirer seul ou entre amis, faire du « sport extreme» , … tout cela devient banal, à partir du moment où cela devient wisible et vu quelques fois. Banal, mais encourageant à reproduire ces comportements.

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