CM.info : évolution culturelle, médias-numériques, culture libre, sciences-cognitives, photos, pensées, notes, …
par Charles Mougel
Accueil - Contact
le 5 janvier 2006

L’ordre perturbateur de l’alphabet

Il y a bien longtemps, les mots étaient célibataires.
Ils n’avaient pas encore rencontré l’alphabet, ni même
l’imprimerie.

Plus tard, la population des mots a été trop importante,
on ne s’y retrouvait plus.
Il a fallu faire un annuaire. Classer tout cela, pour que
chacun ait sa place.

A partir de ce moment, c’est le dictionnaire qui a été
content : il est devenu incontournable en très peu de
temps.

Puis, ses enfants sont apparus, les annuaires, et toutes
sortes de listes. Des listes de mots, ou de noms, il y en
a tant aujourd’hui… qu’on oserait pas chercher à les
lister !

Au départ, l’ordre alphabétique était normal, et pratique.
On cherchait un mot, on le trouvait à sa place.

Mais des résistants sont apparus !
Car, sur certaines listes, il n’était pas plus question de chercher
un mot, mais de chercher un service, une personne, etc…
Les listes de mots sont devenues des listes de concurrents !

On voyait que les noms du début de l’alphabet étaient avantagés.
On a vu des mots devenir mutants, et se faire opérer pour
qu’on leur ajoute un « a» . Les mutations les plus visibles sont
encore sont les mutations qui ajoutent des chiffres ou des symboles
en début de mot, pour passer devant tout le monde, et se faire
remarquer.

On observe ainsi, qu’une contrainte :
« Facilité de recherche» 
sélectionne en permanence les listes de mots,
d’expressions, de noms, etc…

Observez autour de vous :
Quant retrouvez-vous l’ordre alphabétique ?
A partir de quel moment est-ce plus simple,
logique, pratique, d’opter pour l’ordre alphabétique ?

Autre contrainte dans cet exemple :
« Recherche de visibilité» 
sélectionne en permanence les mots, expressions,
noms, etc…

Observez votre comportement face à des listes
alphabétiques.
- Soit vous cherchez quelque chose de précis,
dans ce cas c’est pratique, et vous trouvez tout
de suite.
- Soit le classement est mal fait, trop précis, etc…
-> Et dans ce cas, les premiers de la liste sont
souvent privilégiés !

On voit ici, que pour que des solutions culturelles
se reproduisent plus que d’autres, il est nécessaire :
- qu’elles rencontrent une adhésion massive des humains
rencontrés. Les raisons qui poussent les humains à les choisir,
à les utiliser, sont diverses.
- qu’elles soient plus perçues que d’autres.

Pour exercer votre regard méméticien, je vous propose :
- d’observer les solutions culturelles que vous perçevez plus
facilement.
- d’observer quelles solutions vous privilégiez, pour quelles
raisons. Quels sont les contraintes que vous fixez ?

  1. #1 par Zoltar - 6 janvier 2006 à 23:37

    Les solutions que je privilégie Charles sont les solutions les plus logiques mais j’ai aussi un plan qui n’est pas nécessairement alphabétique.
    Par exemple pour un mot comme MÈME je me pose les questions suivantes :
    - Quoi ?
    - Où ?
    - Comment ?
    - Pourquoi ?
    - Dans quelles circonstances ?
    - Quelle est son origine biologique, historique, sociale, psychologique, étymologique, épistémologique etc… ?
    - Comment se reproduit-il ?
    - Son évolution est-elle de type fractale, logique, opportuniste, aléatoire ou y a-t-il un plan ?
    - A-t-il des concurrents sérieux sur le marché comme « culturon»  ou « culturator»  ?

    Pour la dictature de l’alphabétique Charles, je viens de remiser ma Grande Encyclopédie Larousse (alphabétique) en 60 volumes dans les « réserves»  du premier étage.
    Mon outil favori actuel de recherche est devenu Google associé à l’hypertexte. Mais je suis obligé de reconnaître humblement que j’ai toujours un petit Robert & un Larousse à portée de ma main droite…
    Tu demandes quelles sont les contraintes que je me fixe ?
    Je crois qu’il n’y en a qu’une : la rapidité associée à la qualité de la réponse. Mais les solutions restent multiples.
    Jean-Pierre

  2. #2 par Spinodo – Charles Mougel - 7 janvier 2006 à 00:50

    Tu relèves un point intéressant: l’ordre alphabétique est en perte de vitesse. En tout cas, il a des concurrents sérieux qui ont profités de certains niches mémétiques pour se développer: toutes ces zones où les inconvénients de « l’ordre alphabétique»  se font sentir.

    En ce qui concerne google, on retrouve un ordre de tri. Les nouveautés, les mutations, c’est:
    - que cet ordre der pertinence est relatif à notre critère de recherche.
    - qu’il évolue dans le temps.

    Par contre, les même dérives sont apparues: une modification mémétique des solutions culturelles (sites, pages, etc…) qui « luttent»  pour les premières places. Des solutions sont apparues, comme les outils et méthodes de référencement, de mise en page, d’écriture incluant des mots clés spécifiques…

    Ce que je veux dire, c’est que c’est les critères de tri, de choix, ces « solutions logiques» , ces règles de vies, qui modèlent les créatures culturelles.

    Par exemple, le critère, pour la création d’un site: « le contenu est le plus important»  associé à « la publication doit être rapide et aisée»  a donné naissance aux blogs.

    Dans notre monde humain, on s’aperçoit que ces critères modèlent litérallement notre environnement.
    Et à l’heure où certaines diffusions culturelles sont explosives, on peut assister à des diffusion larges de ces critères ayant une influence énorme sur le monde entier.

    On nage en plein délire de météorologie mémétique: de faibles mutations, évolutions, au niveau de ses solutions logiques, peuvent avoir l’effet d’un ouragan.

  3. #3 par Christophe Hoffstetter - 15 mars 2006 à 23:34

    Je vous propose de découvrir la lutte du mot-concept « Viagra»  pour rester visible et présent comme passager de millions de SPAMS. C’est une lutte impitoyable dans un environnement hostile peuplé de logiciels-robots fouineurs…
    http://neocogit.blogspirit.com/archive/2006/02/24/mutations-et-phenotypes-de-viagra.html

  4. #4 par Spinodo – Charles Mougel - 15 mars 2006 à 23:43

    Amusant, je prépare justement un papier, en relation avec cela… à suivre.

(non publié)
  1. Pas encore de Rétroliens.