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par Charles Mougel
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le 31 janvier 2006

Des Petits Papiers Embryons.

Ici, sur ce blog, des papiers sont assez spéciaux.
Ils naissent très longtemps après la fécondation.

Sur un blog normal, on crée souvent un post, pour
l’écrire plus ou moins rapidement, et le publier
dans un temps raisonnable. Le délai entre le moment
où l’on choisit d’ajouter un papier dans son journal,
et le moment où il est visible par tous est assez court.

Ici, les papiers prennent le temps de rester au stade
d’embryons. Ils sont fécondés et attendent là, d’être
simplement abandonnés puis supprimés des brouillons.
Ou alors de se développer en utilisant les ressources
de leur blogueur.

Certains se développent plus vite que d’autres et
passent devant. D’autres patientent plus longtemps,
pour bénéficier d’un temps d’attention acceptable,
pour arriver à la maturité qui leur assurera la
publication.

Ce petit papier là, par exemple, a suivi un développement
rapide, sans interruption. Que l’interruption soit volontaire
ou non, elle peut arriver à n’importe quel moment.
(aucun rapport avec l’IVG!).

Seul le Redac’chef leur permet de naître d’une manière viable.

Aujourd’hui, des petits papiers embryons se sont développés,
d’autres ont été fécondés. Certains vont naître bientôt.

Celui-ci a été fécondé, s’est développé, et va naître
dans quelques secondes. Il est privilégié :

C’est un papier de retard.

Ils ont toujours des temps de développement rapides ceux-là !

  1. #1 par Zoltar - 31 janvier 2006 à 23:41

    Yep !
    Ils sont fécondés in vitro, in vivo, derrière une vitre, à coups de vitriol ou bien en vue dans la vitrine ?
    Y a-t-il un géniteur mâle et une génitrice porteuse femelle ou s’agit-il d’une pratique parthénogénétique ?

    C’est quand le baptême ? J’ai une idée en germe mais je ne sais pas encore si je souhaite la faire muter au stade d’embryon, de foetus ou même si je veux vraiment lui donner le jour…

    Ah ! Quand nous aurons enfin « Le meilleur des mondes»  en vrai de vrai !

  2. #2 par Spinodo – Charles Mougel - 1 février 2006 à 01:27

    L’image est une manière de vulgariser.
    Si je parle de fécondation, c’est parce que cela parle plus, que cela a plus de chance d’être compris, qu’un néologisme scientifisant.

    Parler de fécondation des idées, est à peut près aussi absurde que de manipuler des atomes sphériques en plastique, reliés par des batons sencés représenter des liaisons. Et pourtant on le fait.

    Peut-être parce que c’est utile parfois, qui sait ? Manipuler la fonction d’onde n’est pas toujours facile, si l’on n’est pas fort en maths. Pourtant, c’est sympa de pouvoir parler d’atomes comme si c’était réellement des boules, lorsque l’on s’adresse à des « gens normaux» .

  3. #3 par Zoltar - 4 février 2006 à 15:26

    Oui Charles l’image est une manière de vulgariser et de rendre mieux cernable le concept qu’on veut faire passer pour l’expliquer à de jeunes esprits comme la pose d’une petite graine… Rien n’est plus inexact et toutes ces images faussées et décalées sont à l’origine de nombreuses représentations plus ou moins farfelues qui perdurent jusqu’à l’âge de l’université. On s’en est aperçus ! Or, « faire passer»  c’est de la mémétique à l’état pur !
    Féconder est un concept assez complexe qu’on traduit souvent par ensemencer alors qu’en réalité c’est transformer un ovule ou un oeuf en embryon, rien de plus !
    Personnellement, je préfère nettement la formule enrichir l’arborescence d’un concept qui exprime beaucoup plus clairement ce que l’on veut faire. L’idée de brain storming qui avait fait fortune a un peu de plomb dans l’aile aujourd’hui car on s’est rendu compte qu’elle participait d’un chaos initial qui ne prend pas suffisamment en compte l’état global de la culture moyenne.
    Les modèles simplifiés que l’on propose souvent en les croyant « pédagogiques»  sont souvent des sources d’erreurs de raisonnement pour plus tard. En fait les « gens normaux»  comme tu dis ne répugnent pas à ce qu’on leur expose la réalité vraie. Il suffit simplement de prendre un peu plus de temps…
    Je le répète FAIRE PASSER c’est un métier !
    Et ne pense pas que je suis sarcastique ou ironique, je suis réellement quelqu’un qui doute, mais surtout de moi.
    Quand tu dis « Mais j’ai parfois l’impression de ne trouver que de la critique, qui
    n’ait d’autre but qu’elle même. (Zététique extrémiste)
    tu est à côté ! Le seul que je critique vraiment, c’est moi-même, car je regrette de ne pas avoir les réponses aux questions que je me pose.

  4. #4 par Spinodo – Charles Mougel - 5 février 2006 à 11:49

    L’image ne sert pas qu’aux jeunes esprits. Mais à tous. La science s’est aussi construite, parfois avec elles.

    En science, la vérité évolue. Ce que l’on sait est variable.

    Tu parles « d’enrichir l’arborescence d’un concept» , ok. Je suis d’accord avec toi. Seulement parfois, il est préférable de mettre une « petite branche» , qui sera remplacée plus tard par une grosse, plutôt que de laisser la sève couler… A un instant donné, on a besoin d’un arbre qui puisse être plus ou moins cohérent. C’est ainsi qu’on apprend que la racine carrée d’un nombre négatif n’est pas possible. Dire « pour le moment»  serait assez frustrant.

    Le problème de ta perception des modèles mémétiques simplifiés, c’est quelle est décallé du contexte. Il ne s’agit pas de transmettre quelque chose qui se tient, mais de construire. Passer par le simplifié est une des possibilités. La synthèse globale en est une autre. Mais lorsque l’on construit, découvre, ou lorsque l’on enseigne, on ne peut y aller que par étapes.
    On ne peut construire sans faire d’erreurs, sans faire d’hypothèses.

    Tu as l’air de tenir beaucoup à « La réalité vraie» , je te conseille de lire « l’invention de la réalité» , c’est TRES intéressant. Ce n’est peut-être qu’après avoir compris cette approche des constructivistes, que tu comprendras ma position, qui n’est pas de chercher la vérité.

    Si faire passer est un métier, chercher en est un autre. Et à l’heure actuelle, il y a plus à chercher qu’à faire passer, en mémétique.

    Pour finir, tout le monde regrette de ne pas avoir de réponse à ses questions. Tu n’es pas seul. Et si tu as envie de te critiquer toi-même, en faisant croire que la critique est portée vers les autres, libre à toi.

  5. #5 par Zoltar - 6 février 2006 à 00:03

    Spinodo – Charles Mougel a dit…

    L’image ne sert pas qu’aux jeunes esprits. Mais à tous. La science s’est aussi construite, parfois avec elles.

    Oui Charles, j’en suis bien d’accord, mais là, je parlais de « l’image de la petite graine » qui est une métaphore un peu bête je trouve pour expliquer les mystères de l’amour, de la fécondation puis de la naissance aux enfants.
    Bien sûr que l’image, dans toutes ses acceptions a été utile, est utile et sera encore utile à tous, à condition de ne pas choisir des modélisations qui s’éloignent trop du sujet que l’on veut « imager ». La didactique est une discipline complexe et la pédagogie un art difficile.

    En science, la vérité évolue. Ce que l’on sait est variable.

    Globalement c’est juste. La plupart des vérités scientifiques évoluent vers un affinement de plus en plus pointu. Mais en fait tout dépend des sciences et des concepts qu’on y étudie. En mathématiques – puisque tu les évoques – il y a des certitudes qui ne seront pas remises en cause. Par contre il reste de nombreuses incertitudes…

    Tu parles « d’enrichir l’arborescence d’un concept» , ok. Je suis d’accord avec toi. Seulement parfois, il est préférable de mettre une « petite branche» , qui sera remplacée plus tard par une grosse, plutôt que de laisser la sève couler…

    Oui, je suis d’accord avec toi. Il n’y a pas UNE seule méthode pour enrichir un concept : l’arborescence en est une, les tableaux cartésiens une autre, les diagrammes de Venn aussi.
    Mais ce que je veux dire par « enrichir l’arborescence d’un concept » c’est ne jamais le considérer comme achevé ou, si je prends les fameux diagrammes de Caroll (les fameuses patates) bien utiles en mathématiques modernes, toujours considérer – dans une recherche – qu’on trouvera un emboîtement de taille et de complexité supérieure et, pour reprendre l’image des poupées gigognes, on pourra toujours en fabriquer une plus grande qui englobera toutes les précédentes. La pensée humaine et notamment ses capacités sémantiques fonctionnent ainsi.

    À un instant donné, on a besoin d’un arbre qui puisse être plus ou moins cohérent. C’est ainsi qu’on apprend que la racine carrée d’un nombre négatif n’est pas possible. Dire « pour le moment»  serait assez frustrant.

    Il en est de même pour la division par zéro et pourtant, l’infini est si joli !

    Le problème de ta perception des modèles mémétiques simplifiés, c’est quelle est décalé du contexte. Il ne s’agit pas de transmettre quelque chose qui se tient, mais de construire. Passer par le simplifié est une des possibilités. La synthèse globale en est une autre. Mais lorsque l’on construit, découvre, ou lorsque l’on enseigne, on ne peut y aller que par étapes.
    On ne peut construire sans faire d’erreurs, sans faire d’hypothèses.

    Permets-moi de ne pas être d’accord et en fait à plusieurs niveaux :
    1) Tu supposes qu’enseigner, c’est transmettre des résultats étape par étape ? Pas pour moi ! Bien sûr, il y a des résultats, des données, mais plus important à mon avis sera de faire évoluer à bon escient et en temps & en heure les représentations des élèves/étudiants.La démarche d’acquisition comptera donc autant, voire davantage que l’acquisition…
    2) On peut construire sans faire d’erreurs (sauf à faire de la recherche fondamentale ou des recherches très spécifiques dans des terrae incognitas.
    3) Lorsque tu dis qu’il est indispensable de faire des hypothèses en matière de recherche, je suis d’accord avec toi, mais il n’y a aucun intérêt à formuler des hypothèses si on ne peut pas les vérifier, les valider assez vite. L’erreur est souvent source de progrès à condition de la détecter assez tôt, de ne pas la renouveler et d’y apporter le remède-réponse le mieux approprié et le plus générateur de progrès méthodologiques. Le conflit cognitif est un moment important dans l’acquisition des savoirs et des savoir-faire… Mais il faut savoir le négocier, à chaque fois.
    4) Enfin, en matière d’enseignement ou de construction des savoirs, le plus important n’est pas de collectionner des savoirs (données, connaissances) mais d’apprendre à créer des liens pertinents entre elles. Notre intelligence fonctionne elle aussi de manière hypertextuelle.

    Tu as l’air de tenir beaucoup à « La réalité vraie» , je te conseille de lire « l’invention de la réalité» , c’est TRES intéressant. Ce n’est peut-être qu’après avoir compris cette approche des constructivistes, que tu comprendras ma position, qui n’est pas de chercher la vérité.

    Ce que tu dis là est très intéressant mais si tu crois que je découvre le constructivisme à 62 ans, c’est que tu crois que j’ai passé 40 ans de ma vie à aller à la pêche à la ligne.
    J’ai même été gavé de socio-constructivisme à cetains moments de ma vie… pas si lointains.
    Mais je ne suis pas opposé à lire cette « Invention de la réalité» c’est de qui ? Où ?

    Si faire passer est un métier, chercher en est un autre. Et à l’heure actuelle, il y a plus à chercher qu’à faire passer, en mémétique.

    Alors, pourquoi parler de travaux pratiques parfois, souvent ?

    Pour finir, tout le monde regrette de ne pas avoir de réponse à ses questions. Tu n’es pas seul. Et si tu as envie de te critiquer toi-même, en faisant croire que la critique est portée vers les autres, libre à toi.

    Tel n’est pas le cas. Là, c’est différent. Je me suis inscrit sur une liste où moi, boétien, espérais avoir des réponses de la part des gens chevronnés et rompus à la mémétique. Or, même après la lecture de l’excellent livre de Pascal, je m’aperçois que j’ai encore plus de questions qu’avant et tout le monde fait le mort pour cause de surcharge, rédaction de comptes-rendus ou autres activités que je trouve au demeurant fort louables mais tous comptes faits peu productifs si j’excepte le travail de Pascal (y compris bien sûr son bouquin qui n’est pas rien) et le tien associé à PJ… Mais bon, je crois qu’une banane peut se manger par les deux bouts. Pour l’approche de ce qu’est un mème, ça pourrait être pareil !
    Je ne fais rien pour faire croire que la critique que je formulerais (mais en formulé-je réellement ?) est portée vers les autres. Je pose juste des questions, fais quelques tentatives de propositions afin qu’elles soient passées à la moulinette, mais comme sœur Anne, je ne vois rien venir car il n’y a – pour l’instant – que des hypothèses sans le moindre commencement de preuves ou de pistes probantes.
    C’est comme la croyance en Dieu en quelque sorte ! Une question de foi. La foi du charbonnier.

    10:49 AM

  6. #6 par Spinodo – Charles Mougel - 6 février 2006 à 18:03

    Lorsqu’il est question de travaux pratiques, il faut à mon avis plus comprendre cela comme des « expériences»  en vue d’avancer, que comme des « exercices d’apprentissage» .

    La mémétique n’est pas mûre, à mon avis, pour être enseignée et appliquée d’une manière directe. Par contre, il est possible dès maintenant, de transmettre ce nouveau regard que nous apporte la mémétique, cette décentralisation de l’observation.

    Une autre possibilité, est de tisser des liens entre les diciplines, d’apporter une nouveau cadre possible, pour des spécialistes de disciplines voisines.

    J’ai crû comprendre que la mémétique explorait en partie des terres inconnues, et qu’il est bénéfique ici de faire des erreurs, comme partout ailleurs d’ailleurs. Vouloir avancer sans faire d’erreurs, en voilà une bien drôle d’idée.

    Ce qui est curieux, c’est que tu as été deçu de ne pas trouver réponses à tes questions, sans comprendre que plus on cherche à répondre à des questions, et plus on en trouve, des questions. C’est un des principes de la recherche. D’où ma surprise. Critiquer un groupe de chercheurs passionnés et bénévoles, car des questions restent sans réponses, et deviennent de plus en plus nombreuses, c’est vraiment un peu décallé.

    Autre chose, oui pour l’instant, il y a beaucoup d’intuition, peu de formalisme, des hypothèses, des essais d’expériences… Comme dans tout processus de recherche quoi, rien de toujours très clair.

    La mémétique n’est rien d’autre qu’une piste de recherche, en tout cas pour moi. Et le minimum, pour suivre une piste, c’est d’accepter les hypothèses pour les valider.

    La reproduction des comportements de vols d’oiseaux en groupe, simulée à partir de règles simples, est un début de preuve intéressant pour dire que des règles simples, utilisées par un nombre important d’individus, crée quelque chose de complexe. L’idée avec memsim, par exemple, est de pouvoir mettre en place ces conditions de simulation utilisant ces règles simples, pour voir si des comportements complexes comparables à ce que l’on peut observer dans le monde culturel apparaissent. Mais pour cela, il faut jouer le jeu d’une approche nouvelle.

(non publié)
  1. Pas encore de Rétroliens.